27.06.2007
BFSE - Pratiques militantes dans le syndicalisme étudiant
II : Pratiques militantes dans le syndicalisme étudiant
MILITER AU QUOTIDIEN
Militer, dans le langage courant, c'est diffuser des tracts et coller des affiches. C’est pourtant beaucoup plus. C'est d'abord ressentir la nécessité de s’unir pour défendre ses conditions d’études, puis comprendre véritablement les tenants et aboutissants du combat syndical, les raisons de l'implication personnelle et les raisons de la lutte : on ne convaincra que si l'on est déjà soi-même convaincu.
Il ne faut donc pas confondre les moyens et la fin de notre action. Militer pour développer notre syndicat (c’est-à-dire pour augmenter le nombre de nos militants et de nos sections) n'est qu'un moyen : le but de la FSE n'est pas de construire la FSE, il est de combattre pour défendre les conditions d’études des étudiants. Bien entendu, nous ne pourrons être efficaces que si nous sommes nombreux et donc nous militons aussi pour développer notre organisation. Nous faisons cela uniquement pour être plus efficaces, pour mieux défendre les étudiants.
Militer au quotidien, c’est donc :
« S'investir » : le premier devoir du militant est de s'investir, au sens étymologique du terme : s'habiller de l'intérieur (s'informer, se former) pour mieux défendre les étudiants et pour mieux les convaincre de la justesse de notre travail. Il faut donc lire et connaître la réglementation qui régit les universités et en saisir le sens (voire les finesses). C'est en second lieu saisir la nécessité de l'engagement. Nous n'arriverons à rien si nous nous enfermons dans un syndicalisme « de routine ». Nous sommes dans une logique de lutte, avec une volonté de changement. Il faut se demander à tout moment : est-ce que ce que je fais est adapté et suffisant pour atteindre les buts que je me suis fixé et en lesquels je crois ?
Etre responsable : le militantisme est un acte adulte. Un adhérent n’est contraint d’effectuer que les tâches dont il a librement pris la responsabilité. Cette règle a pourtant un corollaire : le syndicat est en droit de demander des comptes sur les tâches dont le militant avait pris la responsabilité.
Expliquer patiemment : certaines situations, et la mauvaise foi de certains interlocuteurs, obligent parfois les militants à des jonglages verbaux et intellectuels. C'est une erreur. Nous construisons notre action autour d'idées simples, qui s'expliquent simplement et qui amènent une réponse simple : il n'est pas tolérable qu'une loi qui protège les étudiants soit bafouée (exonération des frais d'inscription, dérogation...), il n'est pas tolérable que des droits fondamentaux soient bafoués (droit à l'éducation, droit au logement, droit à la dignité...).
Participer à la réflexion : il faut faire très attention à ce qu’il n’y ait pas de hiérarchisation des militants. Toutes les tâches doivent être partagées. Il est hors de question qu'il y ait des militants de première et de seconde zone. De cette façon, afin de permettre à chacun d’organiser son expression et de se former à l’écriture, tout le monde doit écrire dans le journal, tout le monde doit avoir les moyens théoriques de s'exprimer en AG et en réunion. Tous les militants doivent exercer à la fois des actions théoriques et pratiques.
Rester étudiant : faisons aussi attention de ne pas placer notre engagement syndical au-dessus de nos études. D’abord parce que nous sommes là pour ça, ensuite parce qu’en étant au contact permanent des autres étudiants, en ayant les mêmes contraintes et les mêmes problèmes, nous pouvons parler sans difficulté et écouter au mieux leurs revendications : en allant à tous ses cours, on garde contact avec la réalité. Demander à ce que les TD soient moins surchargés tout en ne mettant jamais les pieds dans ses propres TD serait absurde et, pour tout dire, fort peu en accord avec le principe même du syndicalisme.
Nous ne sommes pas au-dessus des étudiants : méfions-nous par-dessus tout de l'état d'esprit où l'on se trouve dès que l'on commence à avoir des responsabilités, à goûter aux « miettes du pouvoir » (repas de fin d'année réservé au élus, clé permettant d'accéder au parking de l'administration, discussion privilégiée avec le président ou le recteur...). Il ne faut jamais oublier que si nous avons droit à ces « miettes », c'est justement pour nous donner faim et nous amener à laisser tomber nos revendications en négociant « entre gens du même monde ». N'oublions jamais que nous sommes des étudiants comme les autres. C'est la raison pour laquelle nous refusons tous les avantages liés aux fonctions que nous pourrions occuper.
Il faut vendre le journal ! Si les organisations de lutte se sont dotées à un moment donné d'organes de presse, ce n'est pas pour faire joli, c'est pour pouvoir exprimer la voix indépendante et les idées de ceux qui, d'habitude, n'ont pas voix au chapitre. Pour cela, La Canonnière est l'élément par lequel nous exprimons nos idées, nous informons des éléments de l'actualité que la presse n'a éventuellement pas soulignés, nous expliquons un certain nombre d'analyses. C'est le moyen de faire connaître notre syndicat, de discuter et d'échanger plus sérieusement les idées que par la seule parole. Notre journal est enfin l’une des sources de revenus qui nous permettent de rester indépendants de toute emprise. C’est donc une nécessité vitale que de le vendre !
LA PRESENCE DANS LES LOCAUX SYNDICAUX
On peut avoir l’habitude, lorsqu’on sort de cours ou lorsqu’on a quelques heures de libre à la fac, d’aller au local, parce que ça peut être là qu’on va rencontrer des gens avec lesquels on a des liens d’amitié. Pourtant, il faut se fixer comme règle élémentaire la chose suivante : on va au local d’abord et avant tout pour militer. C'est un lieu de travail syndical, notamment de réception des étudiants qui ont besoin de notre aide, certainement pas une cafet' où on retrouve sa bande de potes entre deux cours.
Nous construisons tout notre travail militant autour de la notion selon laquelle les étudiants doivent pouvoir être défendus, conseillés et informés en permanence. Cela signifie que nos locaux doivent rester ouverts pendant la plus longue partie de la journée. Des tableaux de permanences doivent être mis en place afin que les militants se partagent tous les créneaux horaires. Au cours de cette période, les militants de permanence sont responsables des tâches définies par le syndicat, de la réception et du règlement des problèmes étudiants. Les militants de permanence sont comptables devant le reste du syndicat des tâches qui devaient être accomplies pendant cette période (sauf dans le cas où un autre responsable a été désigné).
DEFENDRE UN CAS INDIVIDUEL D'ETUDIANT
Comme nous venons de le dire, c’est au militant de permanence que revient la responsabilité des cas d’étudiants en difficulté qui peuvent se présenter. Ce militant peut bien sûr en déléguer un autre qui choisira librement de se charger du problème. La procédure est assez simple :
1) Définir de quel problème il s’agit : une discussion préalable avec l’étudiant est nécessaire. Le but est de connaître suffisamment la situation de l’étudiant pour pouvoir défendre et argumenter au mieux sur le dossier. Un peu de psychologie est nécessaire, les étudiants connaissant mal la réglementation il leur arrive souvent d’oublier de mettre en avant des éléments qui peuvent être décisifs.
2) Monter un dossier solide : il faut ensuite remplir une fiche aussi précisément que possible. Il arrive souvent que ce soit un autre militant qui s’occupe du dossier par la suite. Cette fiche doit donc être claire et concise, et comprendre tous les éléments utiles à la défense de l’étudiant (nom, prénom, adresse, téléphone pour joindre l’étudiant s’il y a nécessité, cursus, détail complet du problème, copie des éléments matériels susceptibles d'éclairer le cas ou d’y ajouter du poids…). Le militant doit ensuite établir un argumentaire : quel est le problème ? Que dit la loi ? Sous quel angle d’attaque va-t-il falloir défendre le dossier ?
3) Faveur ou droit ? Selon le problème en question, l’angle d’attaque sera différent. Il y a deux possibilités (nous ne parlons pas des étudiants qui se tournent vers nous pour accomplir un miracle) :
* L’étudiant demande l’application de ses droits. On vient de refuser à un bachelier de s’inscrire à l’université, par exemple. La loi est claire : l’université est obligée de l’inscrire, il n’y a donc pas de négociation ou d’argumentation à invoquer, il faut faire appliquer la loi.
* L’étudiant demande une faveur. Un étudiant n’a obtenu par exemple que 68 % de ses coefficients en première année : la loi parle de 70 %. Il faut aller discuter avec le plus d’arguments possible (lutte contre l’échec, problèmes familiaux, travail salarié, maladie…) avec le responsable et le convaincre.
4) Quel interlocuteur aller voir ? Selon le type de problème et selon les démarches déjà effectuées par l’étudiant, les interlocuteurs changent. Il y a deux types de problèmes :
* Problème pédagogique : tout ce qui entraîne la responsabilité d’un ou de plusieurs enseignants : notation, contenu des cours, non-respect du règlement des études par l’enseignant, refus de rendez-vous, correction des copies, jurys, validation d’acquis… (notons que certains cas sont des problèmes mixtes (pédagogique et administratif), comme l’attribution de dérogation).
* Problème administratif : tout ce qui entraîne la responsabilité de l’administration : inscription, conditions d’examen, procès-verbaux, aides sociales, carte de séjour... (notons que les problèmes administratifs ont quelquefois une origine pédagogique).
Le militant doit donc définir de quel type de problème il s’agit. S’il s’agit d’une affaire pédagogique, les décisions des enseignants et des jurys d’enseignants étant selon la loi souveraines, c’est l’enseignant responsable qu’il faudra aller voir. C’est le type de problème que l’on ne peut résoudre qu’avec une discussion très argumentée. S’il s’agit d’une affaire administrative, c’est le membre de l’administration responsable qu’il faudra aller voir.
5) Suivre la voie hiérarchique : le système administratif est hiérarchisé. Dans la défense des étudiants, nous avons tout intérêt à ne pas, en plus, froisser la susceptibilité des petits chefs. On commence toujours de la base pour aller vers le sommet. Sauf cas particulier, l’ordre est le suivant (sachant que selon le cas, la base diffère) :
* Problème pédagogique : Enseignant chargé directement du cours (ou du TD) -> Enseignant responsable du module -> Enseignant chargé de l’année -> Enseignant chargé du département (ou de la discipline) -> Enseignant chargé de l’UFR -> Vice-président du CEVU -> (Vice-président du CA, selon les cas) -> Président de l’Université -> Recteur -> Ministre de l’Enseignement supérieur -> Premier ministre -> Président de la République.
* Problème administratif universitaire : Responsable « bas de l’échelle » (selon les catégories et les universités, l’organigramme varie : secrétariat généralement) -> Chef du service en question (examens, bourses…) -> Chef du service général (scolarité…) -> Vice-président du CEVU -> (Vice-président du CA, selon les cas) -> Président de l’Université -> Recteur ou Tribunal administratif (si TA, on peut continuer vers les autres instances judiciaires et terminer par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, selon les cas) -> Ministre de l’Enseignement supérieur -> Premier ministre -> Président de la République.
* Problème administratif hors de l’université (CROUS par exemple) : Responsable « bas de l’échelle » (selon les catégories : secrétariat généralement, voire aussi assistantes sociales) -> Chef du service en question (cité-U, étrangers…) -> Chef du service général -> Responsable de l’établissement (président du CROUS…) -> Recteur (selon les cas, généralement pour ces questions seulement consultatif) ou TA (si TA, on peut continuer vers les autres instances judiciaires et terminer par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, selon les cas) -> Ministre responsable (affaire sociales…) -> Premier ministre -> Président de la République.
6) Le rapport de force : Selon le problème qui se pose, il faudra mettre en œuvre des moyens différents. Il n’y a pas de règle, tout dépend de la psychologie de l’interlocuteur, de la qualité des dossiers, de l’envie ou non de se battre de l’étudiant… Une chose compte pourtant : le rapport de force doit être graduel. On ne va pas séquestrer un président d’université pour une affaire de dérogation. Tout commence par la discussion et l’argumentation selon la voie hiérarchique, et se durcit petit à petit en cas de refus persistant. Arrivé en haut de l’organigramme (responsable de l’établissement), la question doit être posée selon les termes suivants : de quel temps disposons-nous pour régler le cas et comment avons-nous le plus de chance de régler le problème ? Par une procédure légale (tribunal administratif) ou par une action syndicale directe ? Dans tous les cas, le militant doit savoir improviser et avoir l’esprit d’initiative. Il ne doit pas redouter non plus de questionner les militants plus anciens et plus expérimentés.
ELECTIONS ET ATTITUDE AU SEIN DES CONSEILS
Que ce soit dans les conseils centraux des universités (Conseil d'Administration, Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire, Conseil Scientifique), dans les conseils de cités universitaires, dans les Centres Régionaux des Œuvres Universitaires et Scolaires, ou dans les assemblées d’ampleur nationales (Conseil National de l'Enseignement Supérieur Et de la Recherche, Centre National des Œuvres Universitaires et Scolaires, commissions nationales…) le nombre de sièges attribués aux étudiants ne représente pas démocratiquement la réalité.
Par exemple, il y a à l'Université Paul Valéry Montpellier III : 21 000 étudiant, 550 enseignants, et 300 IATOS. Le Conseil d'Administration est composé comme suit : 60 sièges distribués en 15 sièges étudiants, 26 sièges enseignants, 7 sièges IATOS et 12 sièges personnalités extérieures. On voit bien à quel point nous sommes sous-représentés: un élu étudiant « représente » 1400 étudiants, un élu IATOS « représente » 42 IATOS et un élu enseignant « représente » 21 enseignants.
D'autre part, moins de deux étudiants sur dix se déplacent pour voter (voire même souvent moins d’un sur dix). Pourquoi si peu ? Il y a de multiples raisons dont l'absence quasi-intégrale d'information, dans le manque de publicité des débats des conseils, dans l'absence de conscience commune des étudiants.
Pourquoi nous présentons-nous aux élections, alors ? Pour trois raisons : c'est le seul moyen pour nous d'obtenir les informations nécessaires aux étudiants et à l'application de leurs droits, c'est un moyen pratique de faire passer nos idées (bulletin de l'université, moyens financiers, local), et c'est enfin un moyen (rare) de faire pencher la balance en faveur des étudiants, notamment si le conseil a lieu pendant un mouvement de contestation. En revanche, nous ne considérons pas que nous puissions faire changer beaucoup de choses par le seul fait de siéger dans les conseils. Nous ne considérons pas non plus que le nombre de nos élus assure notre légitimité pour parler au nom des étudiants (nous parlons au nom de notre organisation, donc de nos adhérents, c'est tout). Notre lutte pour la satisfaction des revendications générales étudiantes n'est pas contractuelle, elle est conflictuelle. La simple réalité démontre qu'il est impossible d'obtenir de grandes avancées par la négociation.
Il faut bien comprendre que si les étudiants sont représentés dans les conseils c'est surtout pour pouvoir légitimer les décisions gouvernementales. Les conseils sont des régimes présidentiels, où le président a à peu près tous les droits (il peut refuser de mettre une question au vote, d'inscrire un point à l'ordre du jour, il nomme le bureau, le secrétaire général, il s'occupe du temps de parole et du droit même de s'exprimer…). Concrètement, ce n’est pas dans les conseils qu’on va changer l’université. Notre attitude est donc simple : recueillir le maximum d'informations pour les étudiants, y faire entendre leur voix sans se faire d'illusion, refuser de gérer la crise et indiquer une ligne nette sur des mots d'ordre simples.
VOTER OU NE PAS VOTER ?
En général, il est assez facile de décider quoi voter. En fonction de la ligne syndicale préalablement fixée, en fonction des principes élémentaires de la démocratie, les militants sauront quelle position adopter. Il arrive cependant que dans certains cas la marche à suivre ne soit pas assez claire, implique une difficulté dans les termes, bref il arrive que l'on ne sache pas quoi voter exactement. Dans ces cas là, il suffit de revenir quelques instants au sens même des votes.
1) Ne pas prendre part au vote :
La question est mal posée/floue/erronée/n’a pas lieu d’être, ou la situation ne permet pas de légitimer le principe même du vote, ou le vote ne peut pas nous concerner (en votant on trahirait la démocratie, par exemple une AG d’une autre fac que celle où on est étudiant).
2) S'abstenir :
Il n'y a pas assez d'éléments pour se prononcer, ou on a un doute, ou on est pour/contre une partie et pour/contre une autre.
3) Voter pour :
D'accord avec l'intégralité du vote.
4) Voter contre :
En désaccord avec l'intégralité du vote.
Le vote est l'outil nécessaire et fondamental de l'expression démocratiquement exercée du militant. Que ce soit dans le cadre de nos réunions, dans celui des AG étudiantes, des conseils universitaires, ou ailleurs, il ne faut pas hésiter à revenir à ces principes élémentaires.
LA DEMOCRATIE INTERNE
La seule démocratie parfaite théoriquement est la démocratie directe (l'agora mythique - d'ailleurs même là ne pouvaient s'exprimer que les citoyens, c'est-à-dire les nobles de la Cité). Théoriquement. Pratiquement, elle a rapidement des limites. Dès qu'il y a trop de monde, celui qui parle le plus fort, celui qui ment le mieux, le meilleur polémiste ou celui qui a le plus d'hommes en armes à la sortie, sortira vainqueur. La pseudo démocratie directe peut devenir la légitimation de l'autocratie. En donnant à tous les gens en même temps l'impression qu'ils peuvent dire ce qu'ils veulent on leur interdit de parler ou, au moins, d'être entendus. C'est la raison pour laquelle un certain nombre de règles doivent être respectées.
Pour que la démocratie soit effective, il faut que chacun puisse s'exprimer, quelle que soit son ancienneté dans le syndicat : tous les adhérents peuvent s'exprimer pour dire leur incompréhension, leur refus ou leurs propositions avant les votes. Le syndicat doit avoir pour soucis de fournir à ses adhérents le maximum d’informations « brutes », c’est-à-dire puisées à la source (textes de loi, circulaires, rapports, courriers, articles de presse, profession de foi, procès verbaux des conseils…). Ils pourront ainsi enrichir leurs analyses et saisir la véritable portée des revendications. La force d’un syndicat de lutte se mesure dans la capacité qu’a l’ensemble de ses adhérents à défendre de façon argumentée ses positions.
Le bon fonctionnement interne du syndicat nécessite un certain nombre de procédures destinées à assurer le bon déroulement des réunions et la démocratie. Il faut toujours placer un préliminaire à toute réunion ou discussion interne : c'est la camaraderie syndicale. On peut aimer ou détester personnellement un camarade, il n'en reste pas moins que la discussion entre militants doit rester sereine et porter exclusivement sur des arguments syndicaux (les « arguments » d’ordre affectifs ou politiques, notamment, n’ont pas leur place en réunion). Nous sommes unis par un certain nombre d'idées et d'objectifs communs et nous nous devons le respect. Nous pouvons bien sûr nous heurter en parole lorsque les opinions divergent, mais seulement sur les questions syndicales. Les problèmes d’individus, les états d’âme personnels, les questions politiques n’ont de place qu’au dehors, et ne doivent pas interférer avec la bonne marche du syndicat.
Ce respect mutuel se traduit notamment par le tour de parole auquel on s’inscrira et que l'on n'interrompra pas afin de laisser parler tout le monde. Il peut arriver que pendant le tour de parole, la question débattue pose un problème de fond ou de forme, on pourra alors y glisser un point d'ordre (action destinée à interrompre brièvement le débat, afin d'y glisser une information générale, une notion fondamentale, un problème de timing, afin que le débat ne soit pas bloqué ou absurde).
On commencera toute réunion avec la présentation d’un ordre du jour ouvert auquel on pourra adjoindre des questions diverses. L'ordre du jour sert à exposer l'ensemble des problèmes en leur ménageant une durée suffisante. Certaines réunions importantes peuvent avoir un ordre du jour fermé, voire un ordre du jour avec un point unique, lorsque la question exposée est particulièrement grave et urgente.
On peut repousser un vote s'il y a un manque particulièrement flagrant d'information : la démocratie implique que chaque militant en sache suffisamment pour pouvoir se prononcer. Chacun a le droit au cours des votes de demander un vote séparé ou un vote à bulletin secret (vote à bulletin secret qui se fait automatiquement lorsqu’il s’agit de voter sur une personne : élection, sanction...). Chacun a le droit de demander une interruption de séance, afin de pouvoir se concerter avec d'autres, réfléchir avant un vote, écrire une motion ou toute autre chose nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie.
La camaraderie syndicale dont nous avons parlé implique un certain nombre de droits et de devoirs. Nul n'est contraint de faire quelque chose dont il n'a pas envie (excepté si son absence remet en cause l’application d’un vote démocratiquement exercé), mais s'il prend la responsabilité d'une tâche il est tenu de l'appliquer : le respect des autres camarades passe par cette responsabilisation (respect des horaires, respect de la parole donnée).
LE DROIT DE TENDANCE
La démocratie interne est une nécessité primordiale. Il peut arriver qu’un militant ou un groupe de militants soit en opposition à un ou plusieurs aspects de la ligne majoritaire. Ils peuvent évidemment exprimer ce désaccord tout à fait librement. Toutefois, si le désaccord persiste et qu’il est suffisamment important pour motiver une ligne syndicale suffisamment différente, les militants peuvent déclarer officiellement une tendance, basée sur un texte porté à la connaissance de tous les militants. Le droit de tendance donne certaines prérogatives, par exemple toutes les instances élues doivent l’être au prorata des tendances exprimées au cours du Congrès annuel. Les tendances ont le droit de publier leur propre presse, ont le droit de s’exprimer en tant que telles dans la lettre interne. Le droit de tendance permet à chacun de défendre ses idées, même si elles ne vont pas dans le sens de l'opinion générale. Attention cependant de ne pas sombrer dans le travers de l’ultra-sectorisation : le droit de tendance doit être motivé par une opposition suffisamment large à la ligne majoritaire, et non pour des désaccords ponctuels. Précisons enfin qu’un véritable droit de tendance permet plus de démocratie et de débats syndicaux, pas la manipulation politicienne - comme c’est le cas à l’Unef.
LA PERENNITE DES IDEES DU SYNDICAT
La principale difficulté que rencontre tous les syndicats étudiants est liée à l’état même du statut d’étudiant. On reste étudiant pendant une courte durée (en moyenne moins de trois ans), et le renouvellement permanent des générations à l’intérieur d’un syndicat doit rester un souci constant. Une organisation très puissante numériquement une année peut s’affaiblir brusquement une autre. C’est la raison pour laquelle nous insistons tant pour que nous gardions des traces écrites de notre activité, de nos expériences, de nos prises de position... Tout cela afin que l’expérience passée serve de guide aux nouveaux adhérents. De la même façon, les militants plus anciens et l’organisation tout entière ont pour tâche de transmettre cette expérience et de l’accroître.
Il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse et renfermer a priori notre action sur des expériences et des idées passées : l’esprit d’initiative, l’audace, la régénération de vieilles données et de vieilles approches doivent aussi être placées au premier plan. Les nouveaux adhérents, qui portent un regard neuf sur les syndicats et l’Université, favorisent le renouvellement permanent de notre perception et de nos analyses sur la situation de l’enseignement supérieur et les réalités étudiantes quotidiennes.
LE FONCTIONNEMENT BUREAUCRATIQUE
Revenons plus précisément sur plusieurs éléments brièvement énoncés plus tôt :
La tendance générale des militants à se sentir « au-dessus du panier ». Cette opinion peut arriver tôt ou tard, lorsqu'on se retrouve confronté à l'incompréhension ou au désintérêt des étudiants. On en vient à dire « ils ne comprennent pas ». Cette attitude, si elle est humaine et compréhensible, n'est pourtant pas acceptable de la part d'un militant. Si l'on ne nous comprend pas, c'est que nous ne nous sommes pas (ou mal) fait comprendre. Si l'on ne nous suit pas dans une revendication, c'est parce que nous avons collé une revendication « d'en haut », plutôt que de l'extraire de la base. Il y aura bien sûr toujours des individus de mauvaise foi, des imbéciles et des crapules. Mais pourquoi militons-nous ? Pour obtenir la satisfaction des revendications issues de l'ensemble des étudiants, nous ne nous focalisons pas sur des individus.
Nous ne sommes pas au-dessus des étudiants. Il y a bien sûr une certaine noblesse à militer, mais c'est une noblesse qui ne nous donne droit à rien d'autre qu'à nous permettre de continuer à nous regarder dans une glace.
La corruption de « l'aristocratie » étudiante. Le gouvernement et la présidence des universités ont tout intérêt à empêcher les étudiants de contester leurs décisions. Le plus simple reste donc d'acheter leurs dirigeants syndicaux. L'exemple le plus flagrant est la validation d'Unités d’Enseignement (ou de points) pour « récompenser l'engagement » des étudiants (discussions préalables à la réforme Bayrou, puis réforme LMD-ECTS). Nous refusons tout ce qui peut être attribué à un militant et qui n'irait pas à l'ensemble des étudiants (clé du parking interne à la fac, repas offerts au cours d'une pause d'un conseil de l'université, voire, de façon plus subtile, le tutoiement de responsables administratifs). Les seules personnes qu’on achète sont celles qui sont à vendre.
La tendance à séparer les militants « de la base » et les « cadres ». Le processus mental est le même que dans notre premier point. Il arrive sans cesse de nouveaux militants qui connaissent, c’est normal, bien peu de choses au syndicalisme. La tentation peut exister de les envoyer coller des affiches plutôt que de leur permettre de participer aux discussions centrales. C’est évidemment une erreur. Il ne faut cependant pas tomber dans l'excès inverse consistant à envoyer seuls des militants non encore formés au « casse-pipe » (Conseil d'Administration, réunion nationale...), à les obliger à écrire des textes trop difficiles, ou à les obliger à effectuer des tâches d’emblée trop techniques (mise en page par exemple). Une régulation permanente doit se faire, où les anciens, plus expérimentés, forment les nouveaux, en leur permettant ainsi d'exprimer en connaissance de cause leurs opinions et de les défendre.
La confiscation du pouvoir. Suite inévitable du point précédent. Dès l'instant où certains font le « sale boulot » pendant que d'autres participent aux tâches plus valorisantes, le pouvoir est peu à peu confisqué au profit d'une minorité de bureaucrates « qui savent ». Le syndicat devient alors une bureaucratie où les chefs se cooptent et où les militants obéissent. C'est l'absolue antithèse de ce à quoi nous œuvrons !
Comment lutter contre le bureaucratisme et le fonctionnement pyramidal ? Par un respect scrupuleux des statuts (rédigés afin d'empêcher cela), par un combat permanent pour la démocratie et le dialogue. La démocratie n'est pas un objet stable, donnée une fois pour toute et conservée en l'état par un pouvoir miraculeux. La démocratie est une lutte perpétuelle. Le combat pour la démocratie n'est pas un droit : il est un devoir absolu !
LE FINANCEMENT DU SYNDICAT
Qu'on le veuille ou non, nous vivons dans un système économique où rien n'est gratuit. Pour s'exprimer, pour exister, pour mener des combats et obtenir des avancées pour les étudiants (ou éviter des reculs…), notre syndicat a besoin d'argent. Les tracts, les affiches, les recours juridiques, le matériel syndical, le journal, etc..., tout a un coût. Le financement est donc une nécessité vitale. Mais bien plus, pour exprimer notre voix indépendante, nous devons être indépendant financièrement : pour cela, nous devons nous autofinancer.
Il faut immédiatement évacuer toute timidité vis-à-vis de ce problème. Les soutiens financiers de personnes privées, la vente du journal, le paiement des cotisations, les campagnes financières, ne sont pas des « problèmes d'argent » : ce sont des problèmes syndicaux. On ne demande pas de l'argent pour partir en voyage aux Antilles, mais bien pour défendre des droits et réussir à en obtenir de nouveaux. Après tout, nous pourrions réclamer des aides au gouvernement, à la fac (par l'intermédiaire du FSDIE), faire un journal payé par la publicité et ne jamais réclamer d'argent aux gens... oui, mais serions-nous indépendants, serions-nous encore l'outil de lutte des étudiants ?
A ce titre, la vente du journal (sans publicité) est une nécessité financière d'une part et une nécessité syndicale d'autre part. Le journal est notre carte de visite. Nous n'existons réellement que si nous sommes indépendants financièrement.
REVENDICATIONS ET NEGOCIATIONS
Il arrive souvent que l'administration nous reproche notre intransigeance. L'idée générale actuellement est qu'il faut faire des concessions, dialoguer, négocier, que l'important est d'obtenir des « aménagements », de menus avantages...
Bien. On vient de refuser l'inscription à l’université d'un bachelier issu d'une autre académie. La loi oblige l'université à l'inscrire. Que fait-on ? Des concessions ? On expulse en plein hiver des étudiants de leur chambre de cité-U. Que fait-on ? Des concessions ? Nous considérons que la laïcité est la base indépassable de l'égalité de tous face au système. Nous considérons en outre que l'égalité de tous constitue la base fondamentale de notre engagement. Le Conseil d'Administration veut que l'entreprise Royal Canin finance un diplôme, remettant en cause la laïcité de l’université. Que fait-on ? Des concessions ?
Il ne faut pas confondre souplesse dans la négociation et concessions sur l'essentiel. Nous ne devons à aucun prix faire des concessions sur les droits essentiels, déjà suffisamment bafoués. Une revendication exprimée par les étudiants est impérative : nous n'avons pas à transiger dessus. Faire des concessions sur des revendications nettes issues des étudiants serait les trahir. Une revendication plus floue, dont l'élaboration et la mise en place demande réflexion, peut donner lieu à négociation et, éventuellement, à concession.
Il est hors de question en revanche d'accepter une loi, une réforme ou quoi que ce soit parce qu'il y a dedans « des choses qui vont dans le bon sens », tant qu’il y a aussi des choses qui vont dans le sens contraire de l'intérêt des étudiants. On refusera de négocier sans ce préalable. A ce titre, nous ne marchandons pas nos revendications. L'UNEF (alors UNEF-ID), le « syndicat » du marchandage institutionnel, a passé tout son temps en 1996-1997 à marchander de petites améliorations sur la réforme Bayrou : faire passer la rémunération des stages diplômants de 1 200 francs à 1 865 francs par mois, leur durée d’un an à 5 mois... Non ! L'idée même du stage diplômant étant inacceptable, il fallait refuser de négocier et combattre cette loi en bloc.
Le processus est simple : d'accord pour négocier si l'on peut obtenir que les choses aillent dans le sens d'un accroissement des droits, des intérêts et du confort matériel et moral des étudiants ; pas d'accord si c'est le contraire. On pourra négocier par exemple l'augmentation de la surface des chambres de cité-U, dès l'instant où cette surface augmentera. En revanche on refusera de négocier si le gouvernement veut la baisser (oui aux négociations par le haut, non aux négociations par le bas).
LA SOLIDARITE ETUDIANTE
Comme le disait Victor Hugo, « Nous ne voulons pas la misère assistée, nous voulons la misère supprimée ». Si nous défendons les étudiants, ce n'est pas par charité, mais par solidarité étudiante. Remarquons que même si l'idéologie dominante mélange ces mots, ils ont une signification totalement différente. Robin des Bois faisait la charité : il volait aux riches pour donner aux pauvres, mais en aucun cas il n’expropriait les riches. Le pauvre, après avoir utilisé l'argent restait pauvre, et le riche restait riche et le devenait chaque jour un peu plus (puisqu’il possédait la terre et les moyens de la rentabiliser). Nous sommes solidaires parce qu'en défendant le droit de tous les étudiants, nous nous défendons aussi nous-mêmes. Nous combattons les effets, mais nous combattons aussi les causes.
Par exemple, certains vendent les tickets de resto-U à l'unité, parce que le CROUS ne le fait pas et qu'il n'est pas toujours facile de sortir 26 euros d'un coup (soit, au passage, 8,3 % d’augmentation entre 2001 et 2003 !). Cela peut partir d'un bon sentiment. Mais est-ce qu’ils se battent pour que le CROUS les vende à l'unité ? Non. Ils se substituent simplement à lui, c'est tout. Parce que nous sommes solidaires, nous nous battons pour que les étudiants puissent obtenir ensemble - par le rapport de force - le retour à la parité Etat/étudiant sur le prix du repas au RU. Nous ne sommes pas là pour gérer la crise. Ce n'est pas le rôle d'un syndicat.
L'INTERNATIONALE ETUDIANTE
Tout comme nous devons travailler à l’unité dans la lutte des étudiants et des autres travailleurs, nous devons œuvrer pour unifier la lutte des étudiants de france et celle des étudiants des autres états.
La mondialisation des échanges, les traités internationaux (Maastricht, ALENA, AGCS…), entraînent de multiples conséquences dans le système éducatif de tous les pays et fait régresser partout sur la planète les droits et les acquis étudiants. Le traité de Maastricht, par exemple, insiste sur le fait « d'inscrire les services publics dans le cadre des marchés libres et concurrentiels » (directive 129 B), et fait passer la recherche appliquée au premier plan au détriment de la recherche fondamentale. Les intérêts des étudiants belges, allemands ou français se rejoignent donc directement, d’autant qu’on ne peut lutter contre un traité européen qu’à l’échelle européenne. La lutte contre la « déclaration de Bologne », ainsi que les réformes qui en découlent, doit donc être commune à tous les étudiants européens.
Nous refusons de nous enfermer dans un cadre de pensée national. Notre lutte n'a de sens que sous une forme internationale. C'est la raison pour laquelle nous consacrons tant d'espace dans notre journal aux « Etudiants du Monde ». Nous devons prendre le maximum de contacts à l'étranger, avec les organisations syndicales et les étudiants d'autres pays, et nous battre pour constituer à terme un syndicat étudiant de lutte international.
LES LIMITES DU SYNDICALISME
Le syndicalisme, pour autant qu'il est un élément essentiel de lutte, reste malgré tout limité. Une question revient sans cesse : les problèmes de l'université nous touchent directement, doit-on pour autant délaisser les autres ? Surtout que lorsque l'on y regarde de plus près on se rend compte qu'un problème n'est jamais indépendant des autres. L'université, comme le reste, est intégré dans la société ; les problèmes de fond qui s'y posent sont les mêmes que pour l'ensemble des travailleurs. C'est parfaitement juste. Le militant critique et conscient réfléchira cependant à un certain nombre d'éléments (pour poursuivre la réflexion, lire la Charte de Grenoble, reproduite dans cette brochure, qu’il est bon de lire tant elle est souvent citée de travers).
1) En tant que militants syndicaux étudiants nous constituons le dernier rempart de la défense des étudiants. En consacrant trop de notre temps à des combats extérieurs à l'université nous laissons le champs libre à la remise en cause à l'intérieur des droits élémentaires. Cela ne veut pas dire que le militant étudiant doit se cacher les réalités scandaleuses de la société et ne doit pas les combattre. Bien au contraire. En se syndiquant, un militant prend simplement l'engagement de défendre au moins les étudiants, car si lui ne le fait pas… personne ne le fera à sa place. A quoi servirait-il de lutter pour un droit aussi fondamental que le droit pour tous d'accéder au savoir si l'on ne combat pas au jour le jour pour que ce droit soit respecté ?
Certains arguments, malgré leur apparence de justesse et de clarté, restent souvent démagogiques et faux. Nous ne sommes pas des utopistes, nous sommes des militants matérialistes conséquents. A ce titre, nous combattons jusqu'au bout dans la voie que nous nous sommes fixée afin de satisfaire les revendications des étudiants, sans nous substituer à eux. Nous bâtissons notre analyse et nos combats sur la réalité et non sur ce que nous voudrions qu’elle soit. La tâche de militant syndical est souvent ingrate. Il est moins avantageux pour l'ego de se battre pour obtenir le maintien des bourses pour un étudiant en difficulté que de combattre pour de grands mots d'ordre tel que le droit pour tous d'accéder au savoir : pourtant, sans le premier, le second reste un mot d'ordre creux.
2) En tant que travailleurs intellectuels, notre combat est aussi celui des autres travailleurs. Une attaque contre eux est une attaque dirigée aussi contre nous. La grève de novembre-décembre 1995 en est un exemple frappant. Les travailleurs se sont mis en grève contre le plan Juppé de remise en cause de la Sécurité Sociale, tandis que les étudiants (en grève un mois plus tôt), combattaient pour plus de moyens dans les universités. Le combat des étudiants était bien entendu légitime et important, mais il ne fallait pas hésiter à rejoindre la lutte des autres travailleurs.
LA RECONSTRUCTION DU SYNDICALISME ETUDIANT EN FRANCE
La FSE est une organisation syndicale qui a pour but la reconstruction et l'unification du syndicalisme étudiant. Il ne faut pas cultiver le « patriotisme » qui consisterait à dire : la FSE est la meilleure organisation, tout le reste ne vaut rien. Nous n'avons de sens que si nous sommes utiles, sans quoi nous ne serions qu'une coquille vide et sectaire. Dès l'instant où une voie s'ouvre vers l’unité, plus riche dans les possibilités d'actions pour œuvrer vers les buts que nous nous sommes fixés, il faut la suivre. Peu importe le nom que porte notre syndicat : le but fondamental est l'unification syndicale générale des étudiants dans un cadre démocratique, sans laquelle nous sommes condamnés à rester minoritaires, et sans laquelle les étudiants ne pourront pas obtenir la satisfaction complète de leurs revendications. Les luttes victorieuses des étudiants (Devaquet, CIP…) ne l'ont été que par la prise de conscience et l'implication massive des étudiants. Pour cela, restons perpétuellement ouverts à toutes discussions, honnêtes et modestes dans notre expression, résolus et conséquents dans notre action.
Il nous faut lutter contre la tendance des structures étudiantes à se préoccuper surtout de leur propre existence, et à ne voir les véritables objectifs (revendications, luttes…) que comme des moyens de faire exister le syndicat. Notre but est d’être un outil syndical utile et efficace, qui soit de lutte, indépendant, unitaire et démocratique.
LE RAPPORT DE FORCE
Nous sommes un syndicat de lutte. La lutte, bien avant d’être une action physique, est un état d’esprit. La satisfaction des revendications étudiantes est une nécessité. Dans ce but, nous combattons jusqu’au bout, sans nous soucier de notre « popularité » auprès des gouvernements ou des administrations. Dans nos actions, nous sommes souvent confrontés à la désapprobation. Cela ne doit pas nous inquiéter tant que nous sommes sûrs de la justesse et de l’importance de ce que nous faisons.
La lutte active et consciente, sur des mots d’ordre clairs en phase avec la situation réelle, est le seul moyen d’obtenir réellement gain de cause sur des revendications qui reflètent des besoins réels. Cette lutte peut prendre plusieurs formes qui doivent toujours être adaptées au but fixé, à nos interlocuteurs et à leur état d’esprit du moment. Généralement, on résoudra les problèmes par la discussion, par l’utilisation des textes de lois, ou si ça ne suffit pas par une petite démonstration de force (par exemple envoyer plusieurs militants à la fois dans un bureau, éventuellement en expliquant que personne n’en sortira tant que la loi ne sera pas appliquée). Un problème de dérogation se réglera généralement en discutant avec le directeur de département et en lui rappelant simplement le contenu d’une loi. Dans certains cas, il faudra remonter dans la hiérarchie et discuter avec les directeurs d’UFR ou avec la présidence.
Lorsque le problème posé est plus général ou qu’il n’est pas possible de le régler de la manière précédente, on pourra augmenter la pression en mettant en place une pétition. Attention : la pétition n’est pas réellement un outil de pression et encore moins une
18:10 Publié dans Bases fondamentales du syndicalisme étudiant | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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